Trafic derrière la porte

Je me trouvais là en pleine nuit face à l’inspecteur de police et voici ce que je lui narrais :

Et bien voilà, je sortais tout juste des toilettes pour homme. Ce n’était pas pour les utiliser mais pour les laver. Entre collègues on appelle ce boulot technicien de surface, ça a quand même plus de charme que balayeur. Enfin je m’en souviens parce que des journées ordinaires et sans intérêts, y en a quand même énormément et que celle-ci n’en fait pas partie.
Bref je sortais des toilettes, quand j’ai croisé deux hommes, qui pour le moment, n’avaient pas l’air de bonne humeur. L’un d’eux portait un sac de voyage et l’autre, une grosse brute, surveillait les alentours. Pas besoins d’être un grand futé pour comprendre qu’il ne fallait pas se mettre dans les pattes de ces deux mecs. La brute me fixait. Je ne suis pas flic et pas non plus payé assez cher pour me mêler de ce genre d’affaire. Donc j’ai choisis la facilité et je me suis éloigné discrètement. Les deux hommes rentrent dans les toilettes. Quelques instants plus tard, un troisième les y rejoint.
J’ai réfléchi. Je n’avais pas du tout envie d’être retrouvé par ces mecs à écouter à la porte, mais la curiosité l’emportât. Je me suis donc approché.
- Bloque la porte!
J’ai entendu un bruit et devinais que l’un d’entre eux vient de s’appuyer sur la porte.
- Sort la marchandise!

Une dizaine de secondes après, un autre bruit. Sur le coup j’ai pensé que c’est celui d’un corps qui tombe.
- Tu te moques de qui espèce d’enflure. Il manques au moins la moitié de ce qui était convenu. T’as des envies suicidaires pour te pointer la comme ça!
Toussotements…
- Problèmes de transports pas ma fautes. Je fais que transmettre.
- Et bien tu vas transmette autre chose à ton patron alors.
Le bruit d’un cran d‘arrêt. Se faire surprendre au cours de la conversation est une chose, au moment d’un meurtre une autre. Ecoutant tout mon courage, je me suis donc enfuis et je suis sorti de la gare. Puis je marchais dans le froid de la nuit. Quelques minutes plus tard, un mec m’a doublé en courant, serrant contre son corps, le moignon d’un main coupée.

- Mouai, répond l’inspecteur. Vous auriez quand même pu tenter quelque chose non?
- C’était pas mon problème. Que ce mec se soit mêlé à des trafiquants pour arrondir ses fins de mois, je ne dis pas, mais j’étais franchement pas près à me faire transpercer pour lui. En plus, je vous rappelle que je venais de finir de nettoyer ces toilettes, j’vous raconte pas le plaisir que c’était de le refaire une heure après.
- Ok. Merci d’être passé signaler ça monsieur.
Je me lève et retourne au boulot. On a beau se plaindre des journées où il ne se passe rien, on souhaiterai quand même qu’il y en ai d’autre qui soient un petit peu plus calmes.

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