poste

Le fugueur du service gériatrie

14 heures, je reprends mon poste au guichet B. Je traite les dossiers de plusieurs patients, puis se présentent un soixantenaire ainsi qu’un grand gaillard à l’air franchement niais. L’homme me présente son fils, 25 ans, né vraisemblablement de l’opération –peu réussie- du Saint Esprit. Il m’explique qu’il faut absolument qu’on traite son dossier en urgence, le jeune homme devant entrer dans la maison spécialisée sous quelques jours. Je lui pose les questions habituelles auxquelles il a bien du mal à répondre. 14h30, la file d’attente s’allonge et commence à jeter des regards désespérés du côté de mon guichet. Certains pestent « c’est une nouvelle celle là non ? » j’entends aussi le classique « de toute façon faut toujours que je choisisse la mauvaise file avec la chance que j’ai».
Je commence à perdre patience, moi qui d’habitude traite avec attention les personnes âgées. 15h, je finis par demander à cette vieille chose raide dégageant une forte odeur de saindoux si elle est sure que c’est bien ici que sa progéniture doit être prise en charge car là, je n’y comprends plus rien.

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Le poids des lettres

Voilà. J’y suis. Mes grands débuts. Après deux jours en « doublure », accompagné d’un préposé chevronné en tournée, me voilà plongé dans le grand bain. 7H du matin. Un lundi de juillet. Sur le pied de guerre. J’arrive au bureau de poste, stressé mais réveillé. Une odeur de cigarette sans filtre embaume la pièce basse de plafond. Un bonjour discret à mes nouveaux collègues et je prends mon poste. Le camion transportant le courrier arrive. Chacun effectue le tri général, afin de répartir le flot de lettres à chaque tournée. Je récupère la charge de courrier qui me revient au bout d’une demi-heure.

Une montagne se forme vite sur ma table de tri à mesure que les lettres s’amoncellent. J’essaie tant bien que mal de classer toutes ces adresses qui jalonnent ma tournée. Effectuant la distribution à bicyclette, j’ai peine à croire que mon fier destrier pourra supporter une telle masse.

8h30. La montagne est devenue colline, mais ma concentration faiblit. Au bout d’une heure de tri, je mélange à peu près tous les noms de rue et serais bien en peine de me rappeler où j’habite…

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