Service public :

Ripeur

La bouteille du courage…

Comme chaque matin, le réveil sonna, affichant 5h30.
A peine avais-je levé les couvertures, que mon corps fut envahi de spasmes, comme transpercé par une multitude d’épées aiguisées. Il faisait froid, trop froid. L’hiver était arrivé en ville, et à une heure si matinale, la température devait avoisiner les 1 degré. Dans ces cas là, plus vite on s’habillait, plus vite on pouvait exalter le moment du café bien chaud.
Le but était de se motiver assez pour rejoindre les compagnons de route à 6h45 précises, au départ des camions. Tout le monde fut à l’heure et nous avons donc pu commencer vite notre embardée. Chacun faisait des blagues ridicules pour essayer d’oublier le froid environnant. Nos mains gelées nous donnaient l’impression de se briser totalement au fur et à mesure que nous empoignions les poubelles pour les vider. Malgré nos grosses chaussures, je ne sentais plus mes pieds, et mon corps tremblait de façon incontrôlée.
Le café habituel chez madame Lapierre, une femme âgée, drôle et adorable ne fut jamais aussi réconfortant que ce jour là. Il nous donna du courage pour continuer et affronter le regard de certaines personnes bien trop hautaines pour estimer nos services. Continuer la lecture

Le poids des lettres

Voilà. J’y suis. Mes grands débuts. Après deux jours en « doublure », accompagné d’un préposé chevronné en tournée, me voilà plongé dans le grand bain. 7H du matin. Un lundi de juillet. Sur le pied de guerre. J’arrive au bureau de poste, stressé mais réveillé. Une odeur de cigarette sans filtre embaume la pièce basse de plafond. Un bonjour discret à mes nouveaux collègues et je prends mon poste. Le camion transportant le courrier arrive. Chacun effectue le tri général, afin de répartir le flot de lettres à chaque tournée. Je récupère la charge de courrier qui me revient au bout d’une demi-heure.

Une montagne se forme vite sur ma table de tri à mesure que les lettres s’amoncellent. J’essaie tant bien que mal de classer toutes ces adresses qui jalonnent ma tournée. Effectuant la distribution à bicyclette, j’ai peine à croire que mon fier destrier pourra supporter une telle masse.

8h30. La montagne est devenue colline, mais ma concentration faiblit. Au bout d’une heure de tri, je mélange à peu près tous les noms de rue et serais bien en peine de me rappeler où j’habite…

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