Pain ceci, pain cela !

Vendredi après-midi, à la boulangerie.
C’est assez calme : tous les gens sont partis déjeuner.
Ils reviendront tous en masse vers 16 heures, à l’heure du goûter des enfants !
Pour l’instant, pas de quoi paniquer ; période d’essai d’un mois, j’en suis à deux semaines, c’est normal que je stresse un petit peu ! Une jeune femme, très bien habillée, très jolie (moi aussi j’aimerais bien m’habiller comme ça, il faut dire qu’avec cet uniforme ridicule, on n’est pas à notre avantage !) :
« je voudrais cinq flûtes, s’il vous plaît ».
J’en prends cinq et les mets difficilement dans un papier craft, me retourne, les pose sur le comptoir :
« Coupées en deux ».
Je la regarde (T’aurais pas pu me le dire avant ???, t’as bien vu que j’ai galéré pour les

mettre !!!).
Toute souriante (le client est roi, paraît-il !), je reprends les flûtes, me dirige vers la trancheuse, les coupe une par une, les remets dans le papier craft, les repose sur le comptoir.

« Avec ça, mademoiselle ? »
« Un pain complet tranché, s’il vous plaît ».

Je tranche le pain, je reviens, la regarde

« Un autre pain complet tranché »
(Pourquoi tu l’as pas dit tout de suite ? ça t’amuses de me voir faire des allers et retours ?).
Toute souriante, je le tranche, je reviens, la regarde :
« cinq pains aux céréales tranchés, s’il vous plaît »
(Quoi ? tu crois que tous les gens que tu vas inviter vont manger tout ça ??? Calme, calme, rappelle-toi, t’es en période d’essai…). Je les prends, je les tranche tous (ça me prend du temps, forcément, entre temps deux personnes sont entrées et font la queue depuis cinq bonnes minutes), je reviens, la regarde :
« cinq pains au chocolat »
je les prends, les met dans un sac, je reviens :
« dix croissants »
je les prends, les met dans le sac, reviens :
« rajoutez-moi trois pains au chocolat »
(bah voyons, ça t’es venu comme ça ?). Je les rajoute, reviens :
« non, finalement, mettez-moi en plus trois croissants et enlevez deux pains au chocolat »
(Tu veux peut-être toute la boutique aussi ???). J’enlève les pains au chocolat, rajoute des croissants, reviens (je crois que mon sourire s’estompe peu à peu et deux personnes supplémentaires arrivent, je suis toute seule dans la boutique, la responsable est partie à la banque !!!).
« rajoutez-moi un pain de campagne tranché, non, deux !»
(QUOI ??? tu crois que ça suffit pas ? et flûte ! deux personnes en plus dans la file d’attente, j’y arriverai jamais !!!). Je les prends, les tranche, reviens :
« Avec ça ? »
« Deux brioches moulées ».
Je les prends, les mets dans des papiers, reviens :
« Tranchées »
( ???…). Je les retire des papiers, les tranche, les remets dans le papier, reviens :
« Avec ça ? »
« C’est tout ! »
(Ouf…, c’est tout ? façon de parler, ouais…). Pendant que je fais les comptes sur la caisse, une personne arrive et rejoint la demoiselle que j’étais en train de servir :
« Laisse tomber pour ce soir, c’est foutu, Flo a eu un accident, il viendra pas, rien de grave, mais il viendra pas, quoi ».
(Ca veut dire quoi, ça ???). La demoiselle se tourne vers moi, me regarde :
« Je vais juste prendre une flûte…, et un pain au chocolat »
(QUOI ?????? c’est toléré ça ???? ça devrait être interdit !!! non ! tu prends tout ce que t’as demandé, c’est tout !!! Oulà, ma chef revient, heureusement, les gens de derrière commençaient sérieusement à s’impatienter et à me regarder comme si j’étais une moins que rien, c’est pas ma faute !!!). Elle voit que je suis près d’exploser et décide de me remplacer et s’occupe de la mademoiselle, je prends quelqu’un d’autre après elle. Ouf, ça va mieux !
Finalement, je ne sais pas du tout ce qu’elle a pris, si elle a changé d’avis, si elle voulait autre chose que sa flûte et son pain au chocolat, mais franchement, ça m’est égal !!! Flûte ! dur de travailler dans une boulangerie !

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