Mise au point à la pharmacie

L’histoire que je vais vous raconter s’est passée dans ma ville ex-soviétique, où on ne nous accueillait pas avec le sourire dans les lieux publics, comme dans les villes ouest-européennes. Pourtant, il y a bien quelques fois où on s’y amuse vraiment bien. C’est pour cela que j’aime tellement ma ville.

Par une belle matinée d’automne je faisais la queue dans une pharmacie proche de mon quartier, qui est d’ailleurs la seule du quartier. Je savais que je devais au moins attendre 20 minutes pour que ce soit mon tour, car il y avait à peu près 10 personnes devant moi, et un seul guichet. A cela s’ajoute la vendeuse, une jeune femme assez lente et peu aimable. J’étais convaincu que cette vendeuse n’avait pas choisi cette profession, car elle ne semblait pas être épanouie dans son travail et ce n’était pas son choix de travailler ici. Mais ce n’est rien d’autre que ma constatation, qui est d’ailleurs peu vraisemblable; tout d’abord parce que le concours à la faculté de pharmacie était assez difficile et, de plus, tous les vendeurs de ma ville sont pareils. On peut alors en conclure qu’il faut éviter d’être malade, non pas pour les maux de tête qu’elle nous transmet, mais pour les vraies souffrances qui règnent dans les pharmacies.

Pendant que j’étais dans mes pensées à propos des mauvais héritages que nous avait laissé le communisme, une femme, âgée d’environ 40 ans, entra brusquement dans la pharmacie.. Elle s’approcha du guichet en bousculant tout le monde. Nous avons tous pensé que cette femme avait une extrême urgence, c’est pour cette raison que personne n’a réagi. Evidemment, la « Perestroïka » n’a pas cassé l’âme généreuse des habitants de ma ville, mais là, ce n’était pas le cas. La femme a attrapé la vendeuse à la gorge en lui criant: « Je te jure que si tu couches avec mon mari, je vous tue tous les deux!! ». Elle la lacha et sortit de la pharmacie à la même vitesse qu’elle fut entrée.
Nous étions alors tous un peu gêné de cette situation. La vendeuse, hébétée, dit d’une petite voix: « Elle n’a cité aucun nom, que faire, ne coucher avec personne ?? ».
Elle ne s’est pas douté qu’en disant cela, tout le monde l’avait entendu. A ce moment là, personne n’a pu s’empêcher de rire, même les plus gênés. La vendeuse s’est mise à rougir.
Elle a ensuite commencé à nous servir plus rapidement et plus gentiment… mais seulement pour cette fois!

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