Les piliers de bar

Je suis serveuse au bar du village depuis plus d’un an. Il faut voir ce qu’on peut voir et entendre au comptoir d’un bar de campagne, âmes sensibles s’abstenir !
Ce soir là, ma patronne portait le deuil suite à la mort de Griotte, un caniche gentil, certes, mais baveux et à moitié sourd qui trainait toujours dans les pattes des clients.
J’ai tant bien que mal tenté de la réconforter mais avais en réalité secrètement prié pour la mort du chien, le voir affublé de gilets de laine multicolore me faisant peine.
Je compatissais cependant à sa peine : on avait juste retrouvé des bouts du gilet rose de l’animal (son préféré m’avait confié la patronne entre deux sanglots) en lambeaux tachés de sang à proximité du bar.
Le soir, les piliers de comptoirs habituels, fidèles au poste malgré le temps extrêmement rigoureux, arrivèrent déjà bien éméchés suite au grog de 16h, au vin chaud de 18, et au premier apéro de la soirée. Particulièrement excités, je ne pu m’empêcher de leur demander ce qui leur arrivait, sur quoi ils me racontèrent leur exploit du jour :

ils étaient allé chasser sur un coup de tête et je ne pu m’empêcher de rire en repensant au sketch bien connu du débat entre le ‘bon’ et le ‘mauvais’ chasseur…
Je fus coupée nette dans mon élan lorsqu’ ils m’expliquèrent que la bête qu’ils avaient finalement abattu devait être d’une race rare (ce qui expliquait leur joie !) car son pelage était d’un rose orangé exotique…
Fallait-il en rire ou en pleurer ?

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