Le visage tâché pour une antisèche

8h00, les portes du lycée Sainte Marte s’ouvrent.
Ce n’est que cinq minutes plus tard que j’entre sur le parking principal et y gare ma voiture. Rares sont les fois où je suis en retard mais malheureusement, ce jour là semble faire exception à la règle.
Je suis infirmier scolaire et dans ce lycée, les écarts horaires ne sont que peu tolérés. Je me précipite donc en direction de mon bureau, dépose mes affaires et enfile rapidement ma blouse blanche. Pour être franc, je suis plus inquiet par ce que m’a annoncé le directeur la veille que par mon retard. En effet, aujourd’hui a lieu les épreuves du brevet blanc et nombreux seront certainement les collégiens à vouloir «éviter» cette journée. En somme, je devrais faire la différence entre malades fictifs et malades réels. Rien de bien difficile, mais éreintant tout de même.
La sonnerie annonçant le début des cours et par la même, des épreuves, retentit une première fois. Je m’installe confortablement sur ma chaise, faisant tournoyer mon stylo dans une main, le regard rivé sur la porte d’entrée, pensif. L’image que certains dessins animés ou livres donnent de l’infirmerie, et des élèves qui y vont, ne sont généralement que des clichés.

Pourtant, il n’est pas rare que certains viennent dans l’espoir de rater une heure voir une journée de travail. Même si je reste strict et ne laisse rien passer, au fond tout cela me fait sourire. Après tout, on a tous été gamin…
Je passe donc une bonne heure à fixer la porte, attendant le moment où celle-ci s’ouvrirait. Soudain, lentement, un professeur entre, le visage dur. Il me regarde, se retourne et interpelle un élève. Il s’agit d’un jeune garçon, d’une quinzaine d’année, qui entre dans la pièce la tête baissée. Le professeur m’explique brièvement les faits et s’en va, inquiet d’avoir laissé sans surveillance sa classe. Apparemment l’élève en question aurait effectué une tentative de tricherie à l’épreuve de mathématique. Du moins, c’est tout ce que m’a expliqué son responsable. En revanche, ce que je ne comprends pas, c’est la présence de ce gamin. Si il a fraudé, autant l’envoyé directement dans le bureau du directeur.
Sceptique, je lui fait signe de s’avancer et de s’assoire sur la table d’examen. Tout à coup, il relève la tête et j’aperçois enfin la raison de sa venue. Les trois quarts de son visage sont recouverts d’encre fraîche ! Je ne peux réprimer un sourire et commence l’examen tout en l’interrogeant sur les faits. Si j’ai bien compris, il avait tout simplement caché des antisèches dans son stylo. Malheureusement, la cartouche s’était percée et avait coulé sur le papier. Et là, lorsqu’il a voulu les sortir avec ses dents, j’avoue ne pas avoir comprit pourquoi il n’a pas utilisé ses mains, l’encre a aspergé son visage. Comique a première vue, d’accord, mais l’encre reste néanmoins un produit toxique a grande dose. Heureusement pour lui il n’en avait avalé que très peu. Enfin, cela lui aura au moins servit de leçon…

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