Le meurtre du chat du commissaire

Je sentais que la journée allait être mauvaise mais à ce point-là…non. Je suis assise sur une chaise dans une salle du commissariat de Talence et j’ai peur.
Qu’est-ce que je fais là? Je n’y suis pour rien dans cette histoire, après tout.
Un homme en costume gris et au ventre bedonnant entre dans la pièce.

« Bon alors, Mlle Durand… Vous allez tout me racontez depuis le début… »

Le réveil avait sonné à 6H00 mais quand j’avais ouvert les yeux, le chiffre était devenu un 7. « Nom de… » furent mes premiers mots.

Je m’habillai en quatrième vitesse, courut à ma voiture quand je me rendis compte qu’elle avait disparue.
Qui peut bien vouloir d’une Fiat d’il y a dix ans? Sans chauffage en plus.
La vieille dame du premier qui promenait son chien m’interpella: « C’est la fourrière, jeune demoiselle.
Ont fait des victimes ce matin! » C’est pas vrai! Les collègues m’attendaient depuis une demi-heure.

Je pris un bus et arriva à destination. Après m’être fait chambrer pendant un quart d’heure, on commença notre tournée.
Je suis éboueuse.
Tout semblait revenu à la normale, je déchargeais mon énième poubelle quand je vis le visage de Bruno, mon collègue.
« Qu’est-ce qu’il y a? lui lançai-je ». Il pointa la broyeuse du doigt. Des tâches de sang avaient éclaboussé l’appareil.
« Mon Dieu! » m’écriai-je. « Qu’est-ce que c’est? » Bruno se risqua à regarder.
Sa mine dégoûtée me paniqua. « Alors? » le poussai-je. « Je crois que tu viens de tuer un chat… » Je restai muette.
C’était bien la première fois que je faisais une chose pareille. Que faisait-il dans la poubelle? « Il faut prévenir les proprios… » me dit Bruno. « Tout de suite, là?
- C’est mieux que d’attendre.
- Je préfère attendre, moi. »
« Vous auriez mieux fait de me prévenir tout de suite, Mlle Durand. Ca m’aurait éviter de me déplacer pour interroger vos collègues.
- Je suis désolée, Mr le Commissaire. Je ne savais pas que c’était le vôtre…
- Je ne retiens pas le délit de fuite pour cette fois, Mlle Durand mais la prochaine fois, vous y passez.
- D’accord, Monsieur.
- Allez… Vous pouvez partir. » Le lendemain, j’envoyai une gerbe au commissaire.

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