Le fugueur du service gériatrie

14 heures, je reprends mon poste au guichet B. Je traite les dossiers de plusieurs patients, puis se présentent un soixantenaire ainsi qu’un grand gaillard à l’air franchement niais. L’homme me présente son fils, 25 ans, né vraisemblablement de l’opération –peu réussie- du Saint Esprit. Il m’explique qu’il faut absolument qu’on traite son dossier en urgence, le jeune homme devant entrer dans la maison spécialisée sous quelques jours. Je lui pose les questions habituelles auxquelles il a bien du mal à répondre. 14h30, la file d’attente s’allonge et commence à jeter des regards désespérés du côté de mon guichet. Certains pestent « c’est une nouvelle celle là non ? » j’entends aussi le classique « de toute façon faut toujours que je choisisse la mauvaise file avec la chance que j’ai».
Je commence à perdre patience, moi qui d’habitude traite avec attention les personnes âgées. 15h, je finis par demander à cette vieille chose raide dégageant une forte odeur de saindoux si elle est sure que c’est bien ici que sa progéniture doit être prise en charge car là, je n’y comprends plus rien.

J’appelle les autres maisons de garde, m’informe auprès des collègues, avant de finalement trouvé le dossier dudit jeune homme. Qui ne peut être celui que j’ai devant moi car il est officiellement admis depuis un mois. 15h15, coup de fil du service gériatrie, lequel cherche un pensionnaire atteint d’Alzheimer ayant fugué : Ce n’est pas la description physique du personnage qui me permis de l’identifier, mais lorsqu’ils me précisèrent son odeur insupportable. Le vieux avait sans doute fui les plateaux repas de son service avant de chercher de la compagnie au service psychiatrie…

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