La femme de mon supérieur

Je suis IBODE (Infirmier de Bloc Opératoire Diplômé d’État). Ma formation et le concours adéquat passé, je débutais mon premier jour de véritable travail dans le service Digestif de l’hôpital. Afin de bien démarrer et d’éviter le moindre faux pas ( qui peut coûter cher en bloc opératoire, autant pour moi que pour le patient… ), je décidais la veille de rendre visite à un des futurs opérés, afin de lui rendre compte de ce qu’il allait subir. Je pris donc ma fiche opératoire et y jeta un bref coup d’œil tout en me dirigeant vers la chambre. Il s’agissait apparemment d’une jeune femme, la trentaine, ayant une banale appendicite. Visiblement, rien de bien grave.
J’entrais donc dans sa chambre et là, surprise. La patiente n’était rien moins qu’une jolie rousse aux yeux verts. Elle était allongée tranquillement dans son lit, entrain de lire un magazine people. A ma vue, elle arrêta son activité et me salua avec un magnifique sourire. Pour une première journée, elle commençait plutôt bien…
Connaissant le règlement sur les relations entre patients et personnels, je décidais de me concentrer sur ma tâche et me présentais. Je lui expliqua le déroulement de sa future opération car, bien que bénigne, cela évitait les inquiétudes de dernières minutes.

Malheureusement pour moi, je n’arrivais pas à me détacher de son sourire et, étant célibataire, je me disais qu’un simple flirt ne pouvait me faire de mal. Je me décrispais donc et continuais la discussion de manière plus détendu. Je plaçais de temps en temps quelques petites plaisanteries qui eurent le mérite de faire sourire, sinon rire, la patiente. Et plus la discussion continuait, plus il semblait que la jeune femme entrait dans mon «jeu». Elle alla même jusqu’à me dire qu’elle ne pensait pas que tous les infirmiers étaient si charmant et amusant. Que demander de plus ?
Mais cette visite arrivait à son terme et je devais voir d’autre patients. Je savais que ça n’étais en rien une obligation mais débutant véritablement aujourd’hui, je préférais bien me faire voir par le reste du service. Avec quelques regrets je pris donc congés de cette patiente, lui adressant tout de même un clin d’œil avant de quitter la pièce. Tout ceci m’avait mit de bonne humeur, sans pour autant que je me dérobe aux règles de l’hôpital. Après tout, je n’avais rien fait de bien méchant. Je poursuivis donc mes «visites».
Le lendemain, comme prévue, j’allais chercher la patiente de la veille afin de la conduire au bloc opératoire. Avec l’aide d’un collègue, je poussais le lit roulant dans les couloirs. La jeune femme avait prit une dose de tranquillisants et elle dormait paisiblement. Lors de l’opération, je jouais le rôle de circulant et veillais donc à bien maîtriser l’environnement afin d’assurer le bon déroulement de l’acte. Avant que l’opération ne débute, je me surpris à émettre l’hypothèse de revoir cette jeune femme en dehors du cadre de l’hôpital. Mais mes ardeurs furent bien vite refroidis lorsque je revis pour la énième fois sa fiche opératoire. Son prénom était banal : Amandine. Mais son nom l’était beaucoup moins, surtout dans mon actuel service : Ritaner. Soudain, j’eus un vague doute, confirmé lorsque mon collègue lâcha en plaisantant : «On va faire attention de pas l’abimer les gars, c’est la femme du chef de service !». Et dire que sans cette simple phrase, j’aurais put draguer la femme de mon supérieur et m’attirer pas mal d’ennuis…

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