La dame aux paroles incompréhensibles

Cela faisait  2 semaines que j’étais caissier à Mc Donald, (job étudiant par excellence). Un soir, je pris la commande d’une dame qui commandait pour tout sa tablée, c’est-à-dire une bonne quinzaine de personnes et aussi extraordinaire que cela puisse paraître, elle connaissait exactement le menu de tous ses invités. Les avait elle appris par cœur ? Où bien simplement ,une mémoire hors du commun ? Quoi qu’il en soit, je pris sa commande. Je remplis copieusement pas moins de 5 plateaux, les hamburgers empilés les uns sur les autres formait une vrai foreteresse de carton. Mais quelques minutes après l’avoir servie, elle revint vers moi en brandissant un des hamburgers telle Jeanne d’Arc partant à l’assaut. Alors que je m’en voulais déjà d’avoir mal pris sa commande et me culpabilisais en parjurant à tort et à travers contre moi-même dans un mélange d’arabe et d’anglais. C’était plus une pression auditive puisque je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’elle me disait. Tous les regards s’étaient alors tournés vers elle et moi évidemment. Y avait-il quelque chose qui clochait dans son hamburger ? Je le prends, je l’ouvre, je regarde, rien de spécial. Pendant ce temps, son flot de paroles incompréhensibles continuait à se déverser. Je crus comprendre qu’elle m’avait commandé un hamburger sans steak, je m’exécutais (le stresse me fit oublier la bizarrerie de sa commande) et lui donnais avec toutes mes excuses.

Elle retourne vers sa table puis revient de nouveau à la charge avec toujours son même étendard à manger et toujours en « one woman show » au milieu du Mac Donald. Dans un nouvel effort de compréhension, je me rendis compte que j’avais mal interpréter sa requête : elle ne voulait qu’un steak et du pain. Ma pression artérielle quant à elle augmentait et le nombre de regards se faisait de plus en plus oppressant : des regards de compassion? Pas sûr. Je donnais enfin à cette dame ce que je pensais être son dû. Je laissais échapper un long soupir comme si cela pouvait réduire ma pression intracrânienne. Mais elle revint une troisième fois, je crus que j’allais me transformer en Hulk tellement l’énervement de ne rien comprendre faisait tambouriner mon cœur. Dans cette troisième charge, le gérant du magasin, mon employeur soit-dit en passant, vint ajouter son regard répréhensif à celui de la foule. Dans un sursaut de génie, je compris enfin ce qu’elle voulait : pas de cornichon. Allergie ou caprice ? Je ne voulais pas en savoir plus. J’avais résolu l’affaire ! malgrès l’adréanlinedans mon sang le calme était revenu, mais me sentant au bord de l’accident cérébral, je pris ma pause (après m’être assuré que l’âme de Jeanne d’Arc avait bien quitté le corp cette dame). Je dus tout de même offrir à cette dame une compensation (plateau gratuit et desserts) qui bien sûr, serait retenue sur mon salaire. Tout ce que vous voulez Mr gérant ! (il faut que je paye mon loyer).
Une soirée ardente (pour si peu au fond)et que je ne suis pas prêt d’oublier. C’est décidé en tout cas, dès demain, je fais tout pour devenir bilingue anglais mais surtout, je ne lésine plus sur mes études.

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