L’homme des toilettes femmes

Mon premier travail à 18 ans, a été un job d’été dans une station service, au bord de l’autoroute entre Vierzon et Châteauroux.
J’ai été embauché de juin à septembre.
Attifée d’un pantalon d’homme trop grand, d’une chemise blanche taillée homme également, d’un tablier vert, et d’une espèce de petite toque verte, mon travail consistait à faire la plonge, a nettoyer les tables en salle, tenir propre la salle de manière générale d’ailleurs, ainsi que les toilettes clients.
Mon histoire concerne ce lieu en particulier !
Le service du soir se prenait vers 14h me semble t’il pour se finir vers 23h. Aux alentours de 16, 17h, deux employés était désignés et chargés d’aller récurer les toilettes en salle : une quinzaine de toilettes hommes derrière une porte avec tout autant de lavabos, et même chose chez les femmes.
Quand le chef venait en plonge choisir les deux lauréats, personne ne se portait volontaire. Moi comme les autre ; C’était plutôt je baisse les yeux, je me fais discrète… mais pourtant, un jeune homme, arrivé mi juillet, quelques semaines après la majeure partie de l’équipe, était toujours partant… toujours ok, toujours volontaire, limite se sacrifiant pour nous…

Vous comprenez un travail si repoussant que de nettoyer chaque cuvette…donc ma foie, il partait avec son petit chariot avec seaux, serpillère et compagnie. Et un jour c’est moi qui est eu l’honneur de l’accompagner à la tâche.
C’est la que j’ai découvert le pot aux roses !
Il m’a dit je fais les toilettes femmes, tu fais ceux des hommes, j’ai dit d’accord. L’inverse m’aurait surement moins interpellé…
Me manquant un produit, et vu que c’est lui qui avait gardé le chariot, je sors des toilettes hommes, et là, à la porte d’à coté, je vois une femme tenter de rentrer, porte bloquer, une deuxième femme tente le coup, idem. Je vais à mon tour pour ouvrir la porte, ça bloque. Interpellée, je retourne à ma tâche quand bien même.
Force de ma curiosité, le lendemain, je me propose pour retourner avec lui aux nettoyages des toilettes. Comme par hasard, il me sort le même refrain, je fais côté femme tu fais côté homme. Conciliante j’accepte une seconde fois.
Je fais mine de me diriger vers mon lieu d’ouvrage, mais je n’en fais rien, je bifurque, et me fond dans la salle dans la masse de client. La salle de restauration étant grande je n’ai pas de mal, et me voilà les yeux rivés sur la porte des toilettes femmes. J’attends.
Une cliente essaie de rentrer, sans problème puis ressort. J’attends ensuite très peu de temps. Et là une jeune fille frappe à la porte, il entrouvre et referme. Apres ça toute cliente qui souhaitait rentrer dans ce lieu intime ne le pouvait pas. Pourquoi ?
Car ce lieu, stratégique pour lui, et intime n’était plus celui de toutes femmes qui voulait se soulager, mais bien celui de ce jeune homme et de sa copine qui souhaitait se soulager ensemble… !

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