L’assurance-vie d’un homme encore vivant

Une journée de travail ordinaire, la saveur d’une soirée lobotomisante devant la star academy encore fraiche dans le cortex , il est 9h. Un long va-et-vient quotidien entre les ennuis de M. Dupont, l’accident responsable de Mme. Faulignon, la machine à café, les discours répétitifs et oppressants de notre cher chef d’agence, la photocopieuse. Je m’installe face à la tasse de café et me laisse absorber par celle-ci, semblant symboliser mes pensées. Elles me disent qu’il est temps de vivre de ma passion: l’écriture. Une douce chaleur m’envahit, je suis sur le flanc ouest d’une gigantesque montagne, le soleil berce la nature qui se dérobe sous mes pieds pendant qu’avec un petit calpin et un peu d’encre, j’écris. J’écris de longues phrases, décrivant les émotions qui me traversent dans ce décor apaisant et inhabituel pour moi. Mais un bruit désagréable me surprend et m’arrache de la tasse de café. Ce même son se fait entendre et il m’est familier, c’est le téléphone qui s’est mit à sonner, je toussote afin d’avoir une voix claire, hypocrite, agréable et décroche.

C’est Mme De Fore, une bourgeoise âgée de 75 ans dont je règle les problèmes d’assurances maladies et autres titres et prestations. L’homme avec qui elle partage sa vie depuis 50 ans vit ces derniers instants sur son lit d’hôpital, souffrant depuis 10 ans d’un cancer de la peau et d’une tumeur au cerveau. Il va mourir, c’est la fin, l’entend-je penser. Mon sentiment de tristesse se mélange à celui du dégoût lorsque cette dame me demande quant elle pourra récupérer l’argent de l’assurance-vie de son mari. Il n’est pas encore mort. Le monde de l’homme est corrompu par l’argent.

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