J’ai fait le bonheur de mes parents

J’avoue ne pas être fier du métier que j’exerce et pour lequel on me paye. Tout d’abord, je trouve être trop peu payé. De plus, je suis toute la journée dans les déchets des gens. En plus de l’odeur, la vue de choses peu ragoutantes. Je tiens à dire que je n’ai jamais souhaité faire ce métier là. Cela n’a jamais été mon but dans la vie, encore moins une vocation.
Mais, étant l’aîné d’une famille de 9 enfants, à notre arrivée en France, j’ai dû travaillé pour faire vivre ma famille. Je n’avais que 17 ans. Mes parents ne parlant pas français, je me suis trouvé dans l’obligation de trouver au plus vite un emploi. Je parlais français et assez bien je dois dire.
J’ai donc pris le premier travail qui s’est présenté à moi et pour lequel on était d’accord pour m’embaucher. Ma situation, ainsi que celle de mes parents en France était loin de l’eldorado auquel on avait tous rêvé en quittant la Sicile en 1973.
Mais un jour, en ramassant les poubelles dans une rue de Suresnes, j’aperçois un billet de 100 francs au fond d’un sac, au beau milieu de feuilles de salades, de papiers froissés….

J’ai donc fouillé et vidé le sac.

Plus je fouillais, plus les billets apparaissait. Ils semblaient se reproduire. Je sortais du sacs des poignets entières de billets. Jean-Jacques, mon collègue avec qui je faisais mon service ce matin là s’est approché de moi. Il était intrigué par mon comportement. On aurait dit un chien déterrant un os. Nous nous sommes mis à l’écart même si il n’y avait personne dans les rues. En effet, à 5h du matin peu de personnes sont déjà debout. Nous avons fait le compte, il y en avait pour 5,5 millions de francs, on étaient devenu riche. Nous avons décidé de tout garder et de n’en parler à personne. Nous avons partagé et avons fait le bonheur de nos familles respectives.

Le soir même, nous avons appris, qu’un gang connu des services de police avait fait un casse la veille dans une grande banque. Ils avaient été arrêté mais avaient égaré leur butin lors de la course poursuite avec la police. Je n’ai jamais rendu l’argent, ni même Jean-Jacques, et nous n’avons jamais été inquiété par qui que ce soit. Mais nous avons fait le bonheur de nos familles. Ce jour fut béni. Si je n’avais pas été dans la pauvreté extrême je n’aurais jamais accepté ce métier et je ne serais jamais devenu millionnaire. Je suis tellement reconnaissant envers ce métier, qu’aujourd’hui, j’occupe toujours le métier d’éboueur malgré que je sois devenu riche. Et puis on ne sait jamais, un sac est si vite perdu…..

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