Il ne fait pas toujours bon vivre à la campagne

5h50* Le réveil sonne.
Il est déjà l’heure de se lever.
Je file dans la douche pour me réveiller.
Petit-déjeuner sur le coin de la table, il faut que je parte vite.
*6h45* Arrivée à l’entrepôt.
Je file dans les frigos chercher mon chargement.
Je dispose les aliments dans ma camionnette en faisant une belle vitrine, comme d’habitude… il faut savoir y faire pour vendre plus !
Je vérifie que j’ai tout. C’est fait.
Oh, la partie la plus embêtante : remplir la paperasse ! Et oui mais c’est obligatoire, il y a des responsabilités tout de même !
Bref. *7h45* Je grimpe en voiture, et c’est parti pour une journée entière sur la route.
Premier client à 40 minutes de route.
Musique, ça passe mal, je coupe.

Première montée, je repasse la quatrième, j’arrive en haut à 65 kilomètres/heure.
C’est pas grave, un plat et je repart.
J’arrive enfin chez mon premier client, il me prend pour 43 euros de marchandise, ça commence pas mal, mais d’habitude il prend plus ! Tant pis, je continue.
Les clients sont vraiment dingues de nos friands, du jambon, et des salades de museau.
Quelques uns se font plaisir et prennent un petit dessert : millefeuilles, tartelettes aux fruits, babas au rhum…
*14h46* Il me reste quatre clients à aller voir, c’est cool je ne vais pas rentrer trop tard.
L’avant-dernière n’est pas chez elle, comme d’habitude…
tant pis de toute façon elle ne prend jamais rien !
Je file chez la dernière, une dame un peu bizarre.
Je rentre dans la cour difficilement avec la voiture qui traine juste à l’entrée, et qui n’a pas dû rouler depuis un moment !
Je coupe le moteur, je klaxonne.
C’est comme ça que l’on fait tout le temps, comme un boucher qui arrive avec son petit camion dans un village.
J’attends que la dame arrive mais bizarrement il n’y a personne, ce qui n’arrive jamais.
Elle ne sort jamais de chez elle, alors comment ça se fait ?
Je frappe à la porte, enfin ce qui ressemble à une porte.
Une toute petite voix me répond : « Je ne veux rien, vous repasserez la prochaine fois ».
C’est ma plus grosse cliente du jour, je n’abandonne pas comme ça. « Vous êtes sûre ?
Il faut bien que vous mangiez, venez m’ouvrir au moins. »
« Je peux pas, entrez. »
« Mais c’est fermé, venez m’ouvrir, je vous entends, vous êtes juste derrière la porte. »
« Non, je ne peux pas bouger ! Entrez je vous dis. »
Alors j’essaie d’entrer, mais la porte est fermée à clé !
« Par où est-ce que je dois rentrer ? La porte ici est fermée ! »
Elle me répond de faire le tour, mais je ne comprend pas par où elle veut que je passe.
J’ouvre une porte sur le côté mais on dirait une écurie.
Ca ne peut pas être ici, c’est sale et il y a pleins de choses qui trainent sur le sol en pierre, je ne sais combien de bébés chat qui ont peur de moi apparemment J’entre quand même et je vois une autre porte, je l’ouvre et j’entre dans la maison, qui est une seule pièce en fait, avec une table, un lit, et des buffets.
Par terre, sur la table, les meubles il y a des papiers qui trainent.
Il y en a partout, on n’aperçoit même plus le sol.
Je vois la dame allongée dans le lit, elle m’explique qu’elle s’est cassée la jambe, qu’elle ne peut pas se déplacer.
La pauvre petite mamie, elle me fait de la peine, elle souffre, elle n’a même pas consulté un médecin, et ça fait déjà deux jours qu’elle est dans cet état.

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