Commerce :


L’arrêt des sacs

Juillet 2005. Un tournant historique est sur le point d’être franchi.
C’est en effet la fin de la distribution de masse des sacs plastiques par les hôtesses de caisse d’un géant de la grande distribution Européen.
La moitié de la ligne de caisse est maintenant composée de caisses vertes. Caisses où j’ai reçu l’ordre de ne pas délivrer de sacs à part pour protéger les articles textiles. Les clients stockent leurs achats dans de gros bacs en plastiques dans leur caddie, puis les déposent sur mon tapis et les replacent dans ces mêmes bacs après l’enregistrement. Ces bacs permettent de charger facilement leurs achats dans le coffre de leur voiture.
Un couple arrive, visiblement un peu en froid avec un caddie très chargé.
Comme à l’accoutumée je leur rappelle que ma caisse est verte donc que je ne peux délivrer de sacs plastiques. La dame s’en étonne, elle souhaitait tout de même emballer ses articles dans des sacs avant de les mettre dans ses bacs en plastique.
Finalement, avec beaucoup de peine, elle soulève et dépose les bacs pleins sur mon tapis. Je l’interromps aussitôt :

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Pour quelques courses

J’attrape un paquet de nouilles. Bip. Le pose sur le tapis roulant. Saisis l’article suivant. Bip. A ma gauche, le cliente est submergée sous le flot de paquets qui dévalent à toute vitesse. Elle n’a pas le temps de les ranger correctement. Je souris intérieurement. Quinze ans que je suis caissière ici. Personne ne pourrait être plus rapide que moi.

Cent vingt-huit euros quatre-vingt dix, dis-je dans la direction de la pauvre femme qui se débat avec ses courses. En l’attendant, je jette un coup d’œil aux suivants : cinq en tout, qui piétinent d’impatience. Le prochain est un homme habillé classique, la trentaine, ça va être rapide avec lui, efficace. Encaisser, un bref sourire, échange de politesses, suivant. La troisième en revanche risque de me poser des problèmes : je sens son regard, pas assez rapide, semble-t-elle me dire silencieusement, établissement mal tenu, employés malpolis, n’importe quelle excuse pour lâcher sur moi toute la pression de sa journée.

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