Archives mensuelles : février 2012

Le doute et la douceur

Samedi 10h30.
Matin gris, mais carnet de rendez-vous rempli de noms.
On ne va chômer.
J’ouvre le bal avec une nouvelle cliente, Madame B. pour une épilation jambes entières.
Installation dans la salle « douceur» et mise en marche de l’appareil à chauffer la cire.
Mme B. s’allonge, et me regarde désespérément : je reconnais l’œil de celle qui a besoin de parler, qui n’attends qu’une occasion pour le faire et ne plus s’arrêter.
Il faut que je pose une question pour briser la glace.
De nature assez débonnaire – et aussi parce que je sais que cela m’évitera de faire la conversation pour la suite- je demande de bon cœur :
- « Tout va bien ? »
Et c’était parti. Oui, ça allait, enfin… pas vraiment au fond, mais n’est-on pas censé répondre que ça va ? Remarque, l’esthéticienne lui épilait les jambes,

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Un papa abusif

Je garde des enfants depuis plusieurs années déjà mais je n’avais encore jamais été confronté à un tel cas de conscience. J’ai sous ma garde deux petites filles âgées de 1 an et demi et deux ans, Célia et Pauline, ainsi qu’un garçon de 3 ans qui va bientôt rentrer à l’école maternelle, Alexandre. J’ai connu beaucoup de parents et je n’ai jamais eu de problèmes particuliers, la plupart sont même devenus des amis auxquels je rends visite ou dont j’ai des nouvelles, au moins au moment des fêtes de fin d’année. Célia est une petite fille blonde et potelée qui vous observe avec ses grands yeux verts émeraude et vous donne envie de redevenir mère. Elle ne parle pas encore beaucoup contrairement à Pauline qui semble très en avance pour son âge. Elle connaît beaucoup de chansons et a une capacité étonnante à répéter ce qu’elle entend. Quant à Alexandre, un petit bout de chou gai et vivant aux cheveux noirs tel que je le voyais, je ne retrouve plus chaque jour de la semaine qu’un enfant morne et apathique.
Le changement s’est produit courant mars 2006. J’avais trouvé Alexandre bizarre au retour du week-end et je m’étais dit qu’il était peut-être malade donc j’en avais averti ses parents. Sa mère avait répondu qu’elle n’avait pas décelé de changement dans le comportement de son fils mais qu’il avait peut-être été affecté par la mort accidentelle de son hamster nommé Amy. La pauvre bête, comme l’avait raconté le papa d’Alexandre, était tombée de sa cage alors que la porte était restée ouverte et s’était brisée la colonne vertébrale. On avait di à Alexandre qu’il était monté au paradis.

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